Le gouvernement tchadien a obtenu des engagements financiers de 20,5 milliards de dollars dans le cadre de son Plan national de développement, dont une large part provient d'investisseurs privés et de partenaires internationaux. Cette mobilisation repose sur une diversification des sources de financement et sur une trajectoire budgétaire suivie de près par les bailleurs.
Le Plan national de développement (PND) du Tchad, dont le coût global est estimé à 30 milliards de dollars, franchit une étape importante dans son financement. Selon les Perspectives économiques en Afrique 2026 de la Banque africaine de développement (BAD), le pays avait déjà sécurisé, à fin novembre 2025, des engagements financiers de 20,5 milliards de dollars, principalement issus de capitaux privés et de partenaires internationaux. À ces montants s'ajoutent 40 accords et protocoles d'accord représentant 4,1 milliards de dollars supplémentaires.
Cette mobilisation s'appuie sur une stratégie de diversification des partenaires financiers. Outre les appuis traditionnels des institutions multilatérales, telles que le Fonds monétaire international et la Banque mondiale, N'Djamena a renforcé ses relations avec les Émirats arabes unis et la Banque islamique de développement. Cette ouverture a permis au pays d'accéder à des mécanismes de financement islamique encore peu mobilisés en Afrique centrale. Le développement de partenariats avec des acteurs du Moyen-Orient complète ce dispositif et élargit les sources de capitaux disponibles.
La capacité du Tchad à attirer ces financements s'inscrit également dans un contexte de gestion budgétaire sous surveillance. Malgré les dépenses liées à l'accueil de plus de 1,5 million de réfugiés soudanais, le déficit public est resté inférieur au seuil communautaire de 3 % du PIB fixé par la CEMAC. La dette publique, évaluée à 32 % du PIB, demeure parmi les plus faibles de la sous-région. Parallèlement, les autorités ont poursuivi des réformes visant à élargir l'assiette fiscale et à moderniser le recouvrement des recettes publiques.
Les prochaines étapes du programme de développement devraient désormais porter sur l'accélération des investissements privés en fonds propres et sur le renforcement du cadre réglementaire. Pour les autorités tchadiennes, l'enjeu consiste à transformer les engagements obtenus en projets opérationnels, dans un contexte où les financements concessionnels se raréfient et où la concurrence entre économies africaines pour attirer les capitaux internationaux s'intensifie.
