Confrontée aux retards de paiement de l’État et à la fragilité de son modèle économique, la Régie de distribution d’eau de la RDC explore de nouvelles activités. L’entreprise publique prévoit notamment la création d’une unité de production d’eau en bouteille à Kinshasa.
La Régie de distribution d’eau (Regideso) envisage d’entrer sur le marché de l’eau en bouteille, une activité inédite pour l’opérateur public chargé de l’approvisionnement en eau potable en République démocratique du Congo. Le projet prévoit l’implantation d’une usine de production à Kinshasa, pour laquelle un dossier d’appel d’offres est actuellement en préparation. Selon son directeur général, David Tshilumba Mutombo, les travaux pourraient débuter dans un délai de trois à quatre mois. Le dispositif industriel devrait intégrer un système de récupération et de recyclage des bouteilles dans la capitale, avec l’ambition, à terme, de reproduire ce modèle dans plusieurs grandes villes du pays.
Au-delà de ce projet industriel, la Regideso cherche à multiplier ses relais de croissance. L’entreprise prévoit notamment de se positionner sur les services de paiement électronique à travers la technologie Payment Service Provider (PSP), une activité susceptible de générer de nouvelles sources de revenus. Dans le même esprit de diversification, l’opérateur public a également lancé une filiale dédiée à la production d’électricité, baptisée RégiEnergies. Cette stratégie vise à élargir le périmètre d’activité d’une entreprise historiquement centrée sur la distribution d’eau, mais confrontée à d’importantes contraintes financières.
Ces initiatives interviennent dans un contexte où la Regideso cherche à réduire sa dépendance vis-à-vis des paiements de l’État, régulièrement pointés comme tardifs par sa direction. Selon David Tshilumba, les règlements publics peuvent intervenir avec des délais allant de dix à douze mois, ce qui perturbe la planification budgétaire de l’entreprise. Pour limiter ces risques, la société prévoit également de déployer entre 80 000 et 90 000 compteurs intelligents, principalement en mode prépaiement, destinés aux administrations et aux grands clients institutionnels. Ce dispositif, attendu dans les prochains mois, doit permettre de sécuriser les recettes en conditionnant l’accès à l’eau au crédit disponible sur le compteur.
