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Port de Douala : le DG des Douanes sous pression face aux manœuvres du MINFI

vendredi, 20 février 2026 18:50
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Port de Douala : le DG des Douanes sous pression face aux manœuvres du MINFI

Au Port de Douala, le Directeur Général des Douanes se retrouve fragilisé par le bras de fer qui oppose le ministre des Finances et le patron de la place portuaire de Bonabéri. Des sources proches du dossier affirment que le ministre Louis Paul Motaze a exercé une pression pour que les conteneurs scannés par Transatlantic D.S.A. soient bloqués, menaçant de replonger la plateforme portuaire dans une paralysie et d’alourdir la facture des entreprises.

 

Le 16 février 2026, le directeur général du Port Autonome de Douala (PAD) a pris une décision forte, visant à mettre un terme à la crise autour du scanning des marchandises au sein de la place portuaire de Douala-Bonabéri. « Dans le but de mettre en œuvre les directives de monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement », Cyrus Ngo’o invitait l’entreprise Transatlantic D SA, recrutée pour assurer cette activité en remplacement de SGS, à bien vouloir « suspendre partiellement » l'exécution de « certaines clauses du Contrat de Concession, conclu le 25 novembre 2025 entre le Port Autonome de Douala et Transatlantic D. S.A., relatif à l'inspection intégrale par scanner des flux import/export transitant par le Port de Douala-Bonabéri ».

 

Dans sa correspondance, Cyrus Ngo’o précise que les interventions de Transatlantic devraient dorénavant se limiter à l'inspection par scanner du reste des flux import/export, marchands et non-marchands, qui ne sont pas opérés par l’entreprise suisse SGS. Mais cette décision qui vise à limiter les frictions se heurte à une posture du ministre des Finances, Louis Paul Motaze, qui s’oppose à toute cohabitation et exerce, selon nos sources, des pressions sur les douaniers en activité au port pour bloquer les conteneurs scannés par Transatlantic. Dans ce contexte, le DG des Douanes se retrouve à l’étroit, contraint de gérer un dispositif portuaire au fonctionnement fragilisé.

 

Selon des indiscrétions, le Directeur Général des Douanes Fongod Edwin Nuvaga serait favorable à l’application des instructions de la Présidence, qui avait donné quitus au Port de Douala pour recruter Transatlantic D.S.A. et assurer la continuité du scanning des conteneurs en remplacement de SGS dont le contrat devait initialement s’achever en décembre 2025. Mais il se retrouve dans une posture délicate : ses services subissent les pressions venant de la tutelle. Entre l’obligation de respecter la hiérarchie politique et la contrainte d’exécuter des instructions contradictoires, le DG des Douanes se retrouve littéralement avec les mains liées, incapable de normaliser la situation sans subir les tensions institutionnelles.

 

Or, ces interventions politiques ont des conséquences concrètes et coûteuses pour les entreprises et l’économie nationale. En janvier 2026, les industriels ont été contraints de payer deux fois pour un même service, perturbant gravement la chaîne logistique et la trésorerie des sociétés. Dans un récent communiqué, le Groupement des Entreprises du Cameroun (GECAM) a qualifié la situation de « totalement inacceptable », menaçant de suspendre temporairement, dès le 16 février, des levées de déclarations d’importation et d’exportation ainsi que des déclarations en douane.

 

Une action qui aurait paralysé la plateforme portuaire, responsable de plus de 80 % des échanges extérieurs du pays, et menacé la stabilité économique nationale. Car au-delà des entreprises, cette crise pèse lourd sur les recettes de l’État. Les experts estiment qu’une journée de perturbation du scanning pourrait faire perdre environ 1,5 milliard FCFA, dans un contexte où les failles du contrôle douanier et la contrebande représentent déjà près de 200 milliards FCFA de pertes annuelles. L’ingérence du ministre des Finances dans le processus opérationnel fragilise le dispositif de régulation et alourdit le risque de pertes pour le Trésor public.

 

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