Le port de Malabo fait son entrée dans le Top 10 africain des ports à conteneurs les plus performants, selon l’édition 2025 du Container Port Performance Index publié par la Banque mondiale et S&P Global Market Intelligence. Une performance qui contraste avec les résultats plus modestes des autres plateformes d’Afrique centrale, confrontées à des défis structurels persistants.
La hiérarchie portuaire africaine continue d’être dominée par les plateformes d’Afrique du Nord (Maro 1er et Egypte 2e), mais l’édition 2025 du Container Port Performance Index (CPPI) met également en lumière la progression de certains acteurs d’Afrique subsaharienne. Dans ce paysage marqué par des contraintes logistiques et des investissements insuffisants, la Guinée équatoriale tire son épingle du jeu grâce à la performance du port de Malabo, classé 10e sur le continent et 222e à l’échelle mondiale.
Cette position permet à la Guinée équatoriale de s’imposer comme la première puissance portuaire d’Afrique centrale dans le classement de référence établi par la Banque mondiale et S&P Global Market Intelligence. Le pays place également un second port, Bata, à la 22e position africaine, confirmant la montée en puissance de ses infrastructures maritimes. Cette double présence témoigne des efforts consentis pour améliorer l’efficacité opérationnelle et renforcer l’attractivité logistique du pays dans le golfe de Guinée.
Derrière les ports équato-guinéens se positionne le Gabon. Le port d’Owendo occupe le 24e rang africain et le 300e rang mondial. S’il reste l’une des principales portes d’entrée du commerce extérieur gabonais, le port doit encore composer avec les défis liés à la fluidité des opérations, à la capacité de traitement des marchandises et à l’amélioration des connexions avec l’arrière-pays, des facteurs qui continuent de peser sur les performances de nombreuses plateformes africaines.
Au Cameroun, les résultats apparaissent plus contrastés. Le port de Douala, principal hub maritime du pays, se classe 41e en Afrique et 370e dans le monde, tandis que le port en eau profonde de Kribi arrive à la 50e place continentale et au 395e rang mondial. Malgré les investissements importants engagés ces dernières années, notamment à Kribi, les deux infrastructures peinent encore à traduire pleinement leur potentiel en gains d’efficacité mesurés par l’indice international.
Plus largement, le rapport souligne que la majorité des ports africains souffrent de temps d’escale plus longs que la moyenne mondiale. Les contraintes de capacité, la faiblesse des investissements, une connectivité insuffisante avec les hinterlands et une concurrence interportuaire limitée continuent de freiner les performances du continent. Dans ce contexte, la percée de la Guinée équatoriale apparaît comme une exception régionale et pourrait servir de référence pour les autres économies d’Afrique centrale engagées dans la modernisation de leurs infrastructures portuaires.
