Avec un portefeuille actif d’environ 350 millions de dollars au Gabon, la Société financière internationale renforce sa présence dans le pays.
Le bras dédié au secteur privé du Groupe de la Banque mondiale, International Finance Corporation (IFC), a officiellement ouvert son bureau national à Libreville le 4 mars 2026. Cette implantation marque un changement de méthode pour l’institution, qui gérait jusqu’ici ses opérations gabonaises depuis d’autres hubs régionaux. Avec cette présence permanente, l’IFC entend piloter plus étroitement un portefeuille d’engagements estimé à près de 350 millions de dollars, soit environ 210 milliards de FCFA, dans un contexte où l’institution a mobilisé 71,1 milliards de dollars à l’échelle mondiale en 2025. L’objectif est de rapprocher l’institution des acteurs économiques locaux afin d’identifier plus rapidement de nouvelles opportunités d’investissement et d’accompagner l’exécution des projets en cours.
Au Gabon, l’IFC concentre une part importante de ses financements sur les infrastructures stratégiques. L’un de ses projets phares concerne la modernisation du chemin de fer Transgabonais exploité par la Société d’Exploitation du Transgabonais (Setrag). L’institution a contribué à structurer un financement global de 340 millions de dollars destiné à la réhabilitation de cette artère logistique essentielle pour l’économie nationale, dont un prêt direct de 128 millions de dollars. Au-delà des prêts, l’IFC mobilise différents instruments financiers – participation au capital, garanties ou assistance technique – pour soutenir des projets capables d’améliorer la compétitivité logistique et industrielle du pays.
L’ouverture de ce bureau doit également renforcer l’effet d’entraînement de l’IFC sur d’autres investisseurs. L’institution joue en effet un rôle de catalyseur dans des projets structurants, à l’image de la centrale hydroélectrique de Kinguélé Aval Hydropower Plant, développée dans le cadre d’un partenariat public-privé. En s’engageant aux côtés d’autres partenaires pour plus de 90 millions de dollars, l’IFC contribue à sécuriser les financements nécessaires à cette infrastructure énergétique de 35 MW. Parallèlement, l’institution renforce ses lignes de crédit aux banques locales afin de soutenir le financement des PME et poursuit ses investissements dans l’agro-industrie, notamment avec Olam Palm Gabon. Pour Libreville, cette montée en puissance du financement privé est appelée à soutenir la stratégie de diversification économique visant à réduire la dépendance du pays aux revenus pétroliers.
