Le paysage aérien congolais s'apprête à accueillir un nouvel acteur privé : Cati Air. Officiellement autorisée par un arrêté ministériel, cette société anonyme a obtenu son agrément de transporteur public pour le transport de passagers, de fret et de poste. Pilotée par un ancien cadre de SN Air Congo, la compagnie attend désormais son certificat de transporteur aérien (CTA) pour lancer ses opérations et profiter de l'immobilisation persistante de la compagnie nationale Equatorial Congo Airlines (ECAir), engluée dans des difficultés financières.
Pour son déploiement, Cati Air mise sur une stratégie graduelle avec une flotte mixte. Le démarrage est prévu avec un Embraer 175, un appareil régional parfaitement calibré pour les lignes intérieures congolaises. Dans un second temps, deux Boeing 737-800 devraient rejoindre la flotte pour desservir l'Afrique centrale et de l'Ouest. Ce positionnement vise à redynamiser un marché qui amorce une timide reprise ; après être tombé à moins de 56 000 passagers en 2021, le trafic national est remonté à 147 084 voyageurs en 2023 selon l'OACI, bien loin encore des sommets de 2012.
Toutefois, le chemin vers le leadership reste semé d'embûches dans un ciel en pleine recomposition. Sur le plan domestique, Cati Air devra affronter des concurrents installés comme Canadian Airways Congo ou Trans Air Congo, mais aussi l'arrivée récente de la Camerounaise Camair-Co sur l'axe Brazzaville–Pointe-Noire. À l'échelle régionale, la bataille s'annonce plus rude encore face aux géants du secteur tels qu'Ethiopian Airlines, ASKY ou Air Côte d’Ivoire, qui dominent déjà largement les flux en Afrique centrale.
