Le gouvernement congolais compte mobiliser 1 236,9 milliards FCFA en 2026 pour financer son budget et assurer la gestion de la trésorerie de l'État, selon le projet de loi de finances adopté en Conseil des ministres le 7 octobre 2025. Les recettes totales sont estimées à 2 501,4 milliards FCFA, contre 2 267,2 milliards FCFA de dépenses, soit un excédent prévisionnel de 234,2 milliards FCFA, en baisse par rapport aux 352 milliards enregistrés en 2025. Cet excédent sera principalement utilisé pour réduire le besoin de financement et renforcer la position budgétaire globale.
Les 1 236,9 milliards FCFA attendus correspondent à des emprunts que l'État prévoit de contracter sur les marchés financiers régionaux et internationaux. Ces ressources, distinctes des recettes fiscales, seront levées sous forme de bons du Trésor, d'obligations d'État et d'autres instruments de dette. Elles permettront de financer les besoins de trésorerie courants, de soutenir les investissements publics et de garantir la continuité du service public dans un contexte budgétaire marqué par une forte contrainte de liquidité.
En parallèle, les charges liées au service de la dette atteindront 1 470,7 milliards FCFA en 2026, un montant supérieur aux ressources de financement prévues. Cette enveloppe couvre le remboursement des dettes intérieures et extérieures ainsi que le règlement d'engagements commerciaux et de pensions. Après prise en compte d'un excédent budgétaire de 280,4 milliards FCFA, le solde global affiche un déficit de 541,5 milliards FCFA, que l'État prévoit de combler par de nouveaux emprunts, des partenariats publics-privés et des appuis budgétaires extérieurs.
À fin juillet 2025, le stock de la dette publique s'élevait à 8 450,25 milliards FCFA, en hausse de 1,96 % par rapport au mois précédent. Le calendrier de remboursement laisse entrevoir une pression accrue sur la trésorerie, avec un service de la dette estimé à 782,09 milliards FCFA entre août et décembre 2025, dont 86 % au profit des créanciers nationaux. Cette trajectoire confirme la stratégie du gouvernement congolais : recourir massivement à l'endettement sur les marchés régionaux pour soutenir le budget, au prix d'une charge de remboursement croissante qui pèse sur la marge de manœuvre budgétaire du pays.
