Le coût des financements bancaires s’est établi à 10,94 % en moyenne dans la CEMAC au deuxième trimestre 2026, mais les écarts restent importants entre les pays. Le Gabon affiche un taux près de 3 fois plus élevé qu’au Cameroun par exemple. Décryptage.
Au deuxième trimestre 2026, le coût effectif global des crédits distribués par les banques de la CEMAC a reculé à 10,94 %, contre 12,36 % trois mois plus tôt. Cette moyenne masque toutefois des différences importantes : le TEG atteint 21,51 % au Gabon, 14,36 % en République centrafricaine et 13,82 % en Guinée équatoriale, contre 10 % au Congo, 8,47 % au Tchad et seulement 8,31 % au Cameroun. Entre les deux principales références de cette comparaison, l’écart atteint ainsi 13,2 points de pourcentage.
Cette dispersion intervient alors que les établissements de crédit consacrent une part croissante de leurs ressources au financement public. Dans la CEMAC, l’encours des bons et obligations du Trésor a atteint 10 219 milliards FCFA à fin juin 2026, en hausse de près de 18 % sur un an, et les banques en détenaient 75 %. Au Gabon, cette orientation est particulièrement visible : le portefeuille de titres publics détenus par les banques a progressé de plus de 500 milliards FCFA entre avril et décembre 2025, tandis que leurs créances sur l’État ont bondi de 117 % sur la période.
Cette configuration pose surtout la question de la capacité des banques à orienter suffisamment de ressources vers le secteur productif. Lorsque les établissements accroissent fortement leur exposition aux titres publics, les entreprises doivent composer avec un espace de financement plus contraint, alors même que leur risque est généralement plus difficile à apprécier et à couvrir. La progression attendue de 8,9 % des crédits à l’économie en 2026, à 14 965 milliards FCFA, confirme que l’expansion du financement bancaire reste modérée dans la sous-région. Les écarts de TEG montrent surtout que cette contrainte ne se manifeste pas de la même manière selon les marchés.
