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CEMAC : la BVMAC franchit le cap des 8 milliards FCFA de total bilan en 2025

mardi, 8 septembre 2026 12:02
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CEMAC : la BVMAC franchit le cap des 8 milliards FCFA de total bilan en 2025

La Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (BVMAC) a changé d’échelle en 2025. Son total bilan a progressé de 10,88 %, à 8,113 milliards de FCFA, porté par le redressement du marché actions et par une activité commerciale en hausse, malgré le repli du compartiment obligataire.

 

Le franchissement du seuil des 8 milliards de FCFA constitue l’un des principaux marqueurs de l’exercice 2025 pour la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (BVMAC). En un an, le total bilan de la place financière régionale est passé de 7,317 milliards à 8,113 milliards de FCFA, soit une progression de 796 millions de FCFA (+10,88 %). Cette évolution intervient dans un contexte de reprise de l’activité boursière, après un exercice 2024 marqué par une contraction du compartiment actions. Le chiffre d’affaires de la BVMAC a ainsi augmenté de 5,82 %, pour atteindre 927 millions de FCFA. La progression du bilan apparaît donc comme le reflet d’une consolidation de l’activité de la Bourse, même si elle ne traduit pas mécaniquement une hausse équivalente de la rentabilité.

 

Le principal moteur de cette dynamique se trouve du côté des actions. Avec seulement six sociétés cotées, la BVMAC a enregistré une hausse de 7,94 % de sa capitalisation boursière, à 477,7 milliards de FCFA, contre 442,6 milliards un an auparavant. La capitalisation flottante s’est, elle, appréciée de 8,23 %, à 69,6 milliards de FCFA. Surtout, les volumes ont nettement accéléré : 23 817 actions ont changé de mains, contre 15 762 en 2024, soit +51,10 %, tandis que la valeur des échanges a progressé de 18,92 %, à 740 millions de FCFA. Avec 594 transactions, en hausse de 65,92 %, le marché sort ainsi progressivement d'une logique dominée par le buy and hold. Le ratio de liquidité globale, passé de 1,05 % à 1,59 %, reste faible, mais son amélioration constitue un signal important pour une place qui cherche encore à élargir sa base d’investisseurs et à accroître la profondeur du marché.

 

Cette amélioration est d’autant plus significative qu’elle intervient alors que le compartiment obligataire, historiquement le principal réservoir de volumes de la BVMAC, s’est contracté. Son encours est revenu de 1 490,8 milliards à 1 305,3 milliards de FCFA, soit une baisse de 12,44 %, sous l’effet notamment des amortissements des emprunts existants et d’un rythme moins soutenu de nouvelles émissions. Les transactions obligataires ont également diminué de 24,16 % en valeur, à 12,815 milliards de FCFA. Cette contraction n’a toutefois pas empêché le marché de continuer à distribuer des revenus significatifs aux investisseurs : les coupons obligataires versés ont atteint 99,405 milliards de FCFA, en hausse de 28,73 %, tandis que les dividendes distribués par les sociétés cotées ont progressé de 20,63 %, à 3,415 milliards. Le marché financier régional conserve ainsi son rôle de canal de rémunération de l’épargne institutionnelle, même lorsque les volumes secondaires ralentissent.

 

Au-delà des seuls chiffres du bilan, l’exercice 2025 traduit surtout une densification progressive de l’écosystème boursier régional. Le nombre de sociétés de bourse est passé de 25 à 26, celui des sociétés de gestion de portefeuille de 15 à 16, tandis que les effectifs de la BVMAC ont légèrement augmenté, de 27 à 28 collaborateurs. Le redressement du compartiment actions fournit surtout à la Bourse une nouvelle source de commissions et de revenus, dans un environnement où la profondeur du marché demeure encore limitée. Le véritable enjeu pour les prochaines années sera donc de transformer cette reprise ponctuelle en croissance structurelle : davantage de sociétés cotées, plus de titres effectivement disponibles à l’échange et surtout une liquidité suffisante pour attirer durablement les investisseurs privés et institutionnels de la CEMAC. À 8,113 milliards de FCFA, le total bilan franchi en 2025 constitue moins un aboutissement qu’un indicateur de la montée en puissance progressive de l’infrastructure financière régionale.

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