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Cameroun : la dette de l’Etat envers les banques progresse de 139 milliards FCFA

vendredi, 6 février 2026 17:27
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Cameroun : la dette de l’Etat envers les banques progresse de 139 milliards FCFA

L’État camerounais recommence à emprunter davantage auprès des banques. Selon la note de conjoncture économique arrêtée au 30 septembre 2025 par la Direction générale du Budget (DGB), la Position nette du Trésor (PNT) s’est dégradée de 139 milliards FCFA. Autrement dit, l’État doit aujourd’hui plus d’argent au système bancaire qu’auparavant, après plusieurs mois de relative baisse de son endettement intérieur.

 

La Position nette du Trésor correspond au solde entre ce que l’État doit aux banques (commerciales, BEAC ou institutions internationales) et ce qu’il détient comme dépôts. Lorsqu’elle se détériore, cela signifie que le gouvernement a davantage emprunté pour financer ses dépenses courantes ou ses investissements. Dans ce cas précis, il ne s’agit pas d’une explosion globale de la dette, mais d’un changement dans la manière dont l’État se finance.

 

Dans le détail, le Trésor a augmenté ses emprunts auprès des banques commerciales de 333,7 milliards FCFA et accru de 13,1 milliards FCFA son encours auprès du FMI. En revanche, il a réduit de 207,8 milliards FCFA sa dette envers la BEAC. Concrètement, l’État remplace une partie du financement direct de la banque centrale — strictement encadré — par des emprunts sur le marché bancaire. Cette pratique est plus conforme aux règles monétaires de la zone CEMAC, mais elle coûte généralement plus cher en intérêts.

 

Les données de la BEAC confirment cette tendance. Les créances nettes des banques sur l’État ont atteint 2 147,6 milliards FCFA en mai 2025 puis 2 087,8 milliards FCFA en juin 2025, en hausse de plus de 4 % à 5 % sur un an. Selon la banque centrale, cette progression s’explique par les besoins persistants de financement public et par le succès des émissions de titres publics. En clair, l’État se finance de plus en plus via des obligations et bons du Trésor achetés par les banques locales.

 

Cette orientation devrait se poursuivre. Le projet de loi de finances prévoit de lever 3 104,2 milliards FCFA par endettement, soit 777,7 milliards FCFA de plus qu’auparavant. Sur ce total, 589,7 milliards FCFA devraient provenir des banques locales. Cela confirme le rôle central du système bancaire dans le financement du budget, mais pose aussi une question : plus l’État emprunte auprès des banques, moins celles-ci disposent de liquidités pour prêter aux entreprises et aux ménages.

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