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BEAC : pourquoi le repli de l’inflation n’a pas suffi à provoquer une nouvelle baisse des taux directeurs

mardi, 29 septembre 2026 10:19
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BEAC : pourquoi le repli de l’inflation n’a pas suffi à provoquer une nouvelle baisse des taux directeurs

Trois mois après avoir abaissé son principal taux directeur, la BEAC a choisi de ne pas poursuivre son mouvement d’assouplissement. Si l’inflation et la croissance auraient, prises isolément, pu plaider pour une nouvelle détente monétaire, la dégradation des perspectives budgétaires et extérieures a réduit la marge de manœuvre de la banque centrale.

 

Le Comité de politique monétaire (CPM) de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) a maintenu, le 28 septembre à Yaoundé, le taux d’intérêt des appels d’offres à 4,50 %, après l’avoir ramené de 4,75 % à ce niveau en juin. La facilité de prêt marginal reste à 5,75 %, tandis que la facilité de dépôt demeure à 0 %. Ce statu quo intervient alors que l'environnement des prix s'est pourtant amélioré : l'inflation moyenne attendue en CEMAC est désormais de 2,2 % en 2026, contre 2,4 % dans les projections de juin, et reste donc sous la norme communautaire de 3 %.

 

Pourquoi ne pas avoir profité de cette marge pour réduire encore le coût de l'argent ? Parce que la politique monétaire ne se résume pas à la trajectoire des prix, selon les experts. Une inflation à 2,2 % signifie surtout que la BEAC ne subit pas, à ce stade, de contrainte qui l'obligerait à relever ses taux. Elle lui laisse donc la possibilité de maintenir les conditions monétaires inchangées. Mais elle ne crée pas mécaniquement les conditions d'une nouvelle baisse. Pour aller plus loin dans l'assouplissement, la banque centrale doit aussi s'assurer que cette détente ne fragilise pas les autres équilibres qu'elle cherche à préserver. D’autant plus que la croissance a été abaissée de 3,2 % à 3 %.

 

Prévisions peu favorables

 

C'est précisément sur ce terrain que les projections de septembre sont moins favorables qu'en juin. La prévision de déficit budgétaire hors dons pour 2026 a bondi de 1,9 % à 3,3 % du PIB en trois mois. Certes, le déficit reste attendu en baisse par rapport aux 4,5 % du PIB de 2025 ; mais la trajectoire anticipée pour 2026 s'est nettement dégradée depuis la précédente réunion du CPM. Cette révision est importante pour une banque centrale confrontée à des besoins de financement publics persistants : une détérioration budgétaire peut accroître la demande de financement dans l'économie au moment même où la BEAC cherche à calibrer la quantité de liquidité disponible.

 

Le même signal apparaît du côté extérieur. Les réserves de change devraient atteindre 4,53 mois d'importations à fin 2026, contre 4,72 mois anticipés en juin. Le niveau reste supérieur aux 4,07 mois enregistrés en 2025, mais la révision à la baisse montre que la marge extérieure attendue s'est réduite. Or, dans la CEMAC, la politique monétaire doit aussi contribuer à préserver la stabilité monétaire et la couverture extérieure de la monnaie. La BEAC souligne d'ailleurs que ses décisions de taux tiennent compte des facteurs internes et externes, tandis que ses mécanismes d'intervention sont liés à la situation de la couverture extérieure de la monnaie.

 

Conserver une marge de sécurité

 

Le choix du CPM peut ainsi être lu comme une pause plutôt qu'un changement de cap. La baisse de l'inflation a supprimé une partie de la pression qui aurait pu empêcher un assouplissement, mais le recul des perspectives de croissance n'a pas été accompagné d'une amélioration générale des fondamentaux. Entre juin et septembre, le déficit attendu s'est creusé et les réserves anticipées ont été revues à la baisse. Dans ces conditions, la BEAC dispose d'un argument pour ne pas resserrer davantage, mais de moins de raisons pour abaisser encore son taux directeur. Le 4,50 % apparaît ainsi comme un point d'attente : suffisamment bas pour ne pas ajouter de contrainte monétaire à une croissance moins dynamique, mais suffisamment élevé pour conserver une marge de sécurité face aux déséquilibres budgétaires et extérieurs.

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